Les femmes de science dans la littérature
La littérature, comme l'Histoire, a longtemps été un miroir, reflétant une science presque uniquement masculine. Les femmes, lorsqu'elles apparaissaient, étaient destinées à des rôles secondaires. Mais une nouvelle génération d'auteurs de fiction s'emparent de ces figures oubliées pour leur redonner une voix et une histoire.
L'assistante invisible : un stéréotype tenace
Pendant des décennies, la représentation la plus courante de la femme en science était celle de l'assistante, ou de l'épouse discrète du "génie". Pensez à l'image de Rosalind Franklin, souvent réduite à une note de bas de page dans l'histoire de l'ADN, tandis que Watson et Crick prenaient la lumière. La littérature a souvent continué ce cliché, valorisant l'intuition féminine mais réservant la découverte aux hommes.
L'icône et l'exception
La seule figure qui échappait à cette règle était Marie Curie. Cependant, en la célébrant comme une exception quasi-mythique, la littérature a renforcé l'idée que la réussite scientifique était bizarre. Elle est devenue la principale femme qui représentait les "Matilda", ces autres femmes dont les participations étaient minimisées, oubliées, ou volées, mais moins impressionnante.
"Le roman permet de réparer là où l'archive fait défaut"
Le roman comme outil d'excuse
Lecoq-Titiou, Les Grandes Oubliées, Octobre 2021
Heureusement, la tendance s'inverse. Des ouvrages comme Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq aux romans, la littérature devient un puissant outil de réhabilitation. Des autrices comme Marie-Ève de Grave avec La vie de Marthe Gautier ou Conception de Sakuya par Ouristoria tentent la vie intérieure, les doutes et les combats de ces femmes.
En leur donnant une grandeur psychologique et un contexte, le roman ne se contente pas de corriger un oubli, il rend justice. Il transforme les noms effacés des archives en héroïnes, inspirant les lecteurs à réécrire à leur tour, question l'histoire officielle.